Anathem – Neil Stephenson

Il y a un problème avec les livres numériques, c’est qu’il n’est pas possible de jauger d’un rapide coup d’œil la taille du bouquin. Ça se fait en début de lecture, généralement on fait une supposition basée sur le temps que met le bouquin a passer de 1% à 2%.
Anathem a mis une éternité à passer de 1% à 2%, et on va pas se mentir : j’ai eu du mal à m’y mettre.

51Wdmi8DUzL._SY344_BO1,204,203,200_Anathem n’est disponible qu’en anglais. Bragelonne a un temps envisagé de le traduire pour le publier en France, avant de finalement renoncer. Probablement pas parce que c’est un énorme pavé. Sans doute parce que c’est un bouquin difficile et inclassable. Attention, quand je dis difficile, je ne parle pas de la langue. Celle-ci est au contraire assez simple, facilement lisible même sans être parfaitement bilingue. Non, la difficulté vient du nombre et de la complexité des thèmes abordés, du fait que ça démarre trèèèèèèès longtemps et qu’on est maintenu pour une grosse partie du bouquin dans le noir. Et c’est un roman de science-fiction philosophique, genre probablement inventé uniquement pour ce bouquin et donc compliqué à vendre.

Ah mais ouais tiens, avec tout ça je ne vous ai même pas dit de quoi le livre parle. Et je suis déjà bien emmerdé parce que le véritable sujet du roman met un paquet de temps à apparaître et du coup, si je vous le donne, je vous spoile un tiers du livre.
Disons qu’Anathem est principalement un roman philosophique et secondairement un roman de science-fiction (bien que le côté science-fiction prenne une importance croissante tout au long du bouquin, pour devenir majoritaire sur la fin) qui se déroule dans un monde imaginaire et peuplé de « maths », des sortes d’ordres monastiques ayant chacun leurs philosophies, leurs visions du monde et leurs pratiques. Le livre suit un « fraa » (un frère quoi) d’une de ces maths alors qu’il découvre qu’il se passe quelque chose de bizarre à quelques milliers de kilomètres au dessus de leurs têtes.

Le roman est une espèce d’énorme et au final (je dis au final, parce que j’avoue qu’au départ c’est vraiment dur d’accrocher) passionnante interrogation sur notre place dans l’univers, sur l’importance de la philosophie dans un monde très évolué technologiquement et sans doute sur une pelleté d’autres trucs qui me sont passés à 10 000 pieds au dessus de la tête parce que je n’ai pas une culture philosophique suffisante. C’est aussi un roman sur l’amitié, aussi ringard que ça puisse paraître. Le roman est bourré de « dialogues », dans la plus pure tradition de Platon (Ou Cicéron ? Ou un autre ? Merde je suis naze) ou le personnage principal et un de ses acolytes mélangent philosophies et mathématiques pour débattre sur l’univers. Dans le même temps, l’institution monastique se met en branle et projette le héros dans un paquet de péripéties qui vont l’amener à sortir de son monastère.

Anathem est un monument, dans le sens d’un truc énorme, qui en impose. Il est au début difficile à aborder, à la fin difficile à digérer. Ça s’accélère à partir de 60% du bouquin, et la fin est bourrée d’action tout en gardant une sacrée profondeur. C’est une lecture qui vaut vraiment la peine. Le seul truc qui me frustre, c’est que je voudrais vraiment le relire parce que je sais qu’un paquet de trucs m’ont échappés et parce connaître le fin mot de l’histoire doit rendre la première partie bien plus passionnante. Mais à l’heure actuelle, je n’ai simplement pas le courage de me replonger dans un livre pareil.

Cette critique a d’abord été publiée sur le site SensCritique.com.

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