Anathem – Neil Stephenson

Il y a un problème avec les livres numériques, c’est qu’il n’est pas possible de jauger d’un rapide coup d’œil la taille du bouquin. Ça se fait en début de lecture, généralement on fait une supposition basée sur le temps que met le bouquin a passer de 1% à 2%.
Anathem a mis une éternité à passer de 1% à 2%, et on va pas se mentir : j’ai eu du mal à m’y mettre.

Continuer à lire … « Anathem – Neil Stephenson »

Publicités

Assimil et l’apprentissage d’une langue au XXIème siècle

Quelle est la meilleure manière d’apprendre une langue ? Y a-t-il même une meilleure manière d’apprendre une langue ? Quand vous cherchez à parler autre chose que votre langue maternelle, c’est une question que vous vous posez forcément. Précisons d’entrée : je ne suis pas linguiste, je n’ai même aucune expérience académique ou professionnelle en apprentissage de langues. Mais voilà, j’essaye d’apprendre le russe.

Continuer à lire … « Assimil et l’apprentissage d’une langue au XXIème siècle »

Le Révizor – Nicolas Gogol

J’aime beaucoup Nicolas Gogol. C’est un auteur qui a —légitimement— sa place parmi les plus grands auteurs russes classiques (bien qu’il soit en fait ukrainien), mais qui se démarque en même temps de ses compères Tolstoï, Dostoïevski et autres Lermontov. Gogol est plus saillant, plus original, et en même temps plus tendre. Son histoire artistique est tragique, entre une fascination pour Pouchkine qui virait au ridicule léchage de bottes et une descente dans le délire qui l’aura empêché de finir son oeuvre maîtresse, Les Âmes Mortes.

Ce n’est d’ailleurs pas de ce livre (au demeurant excellent) que je veux vous parler aujourd’hui. Non, je vais vous parler du Révizor.

Continuer à lire … « Le Révizor – Nicolas Gogol »

L’homme qui s’évada

Albert Londres – L’homme qui s’évada (1927)

« L’homme qui s’évada » n’est pas seulement un de ces longs articles-récits dont Londres, grandiose voyageur autant que journaliste, a le secret. C’est aussi l’histoire d’un scandale judiciaire -celle de la condamnation à tort d’un homme au bagne guyanais- et de l’implication du journaliste, qui va aller au delà de son travail de reporter et qui va retrouver Eugène Dieudonné, lui faire cracher l’histoire de son évasion et remuer ciel et terre pour obtenir son acquittement par les autorités françaises.

En soi, c’est déjà une histoire intéressante, que ce soit l’évasion elle-même ou la partie brésilienne, avec les imbroglios diplomatiques entre les autorités brésiliennes et françaises. Mais le défaut de cet article est qu’il ne s’attarde pas vraiment sur le bagne lui-même, ce qui fait que, lu à part, il peut faire un peu léger. Je vous recommande donc hautement de lire en premier l’excellentissime autre article de Londres intitulé « Au Bagne », qui vous donnera une bien meilleure compréhension de la situation dans laquelle se trouvait le pauvre Dieudonné et du pourquoi il voulait tant s’échapper. Ces deux articles brossent un portrait passionnant d’une partie du système pénal français de l’époque, ainsi que des hommes qui la peuplent.

Dans le même genre, je vous encourage aussi à lire la très bonne nouvelle de Somerset Maugham sur un bourreau au sein du bagne guyanais, intitulé (en VO), « An official position ».

L’homme qui s’évada

Au Bagne

An official position

[Cette critique a été reprise de mon compte SensCritique. Vous pouvez retrouver tout mes avis à cette adresse]

 

Le Péril Bleu

Maurice Renard – Le Péril Bleu (1912)

On ne va pas se mentir: quand j’ai attaqué « Le péril bleu », je n’attendais absolument rien d’un roman de SF écrit par un français en 1912. Ca sentait le bouquin déjà pas fantastique à la base, et qui aurait vieilli aussi bien qu’une tartine de rognons de porcs laissés un siècle au soleil. La seule raison pour laquelle je me retrouvais à lire ce livre était d’avoir acheté l’intégrale de l’auteur pour 2€ dans un marché de livres d’occas’.

Eh mais tiens, je viens juste de tilter: ce roman a tout juste 101 ans !

Peu importe. Je disais donc que je n’étais pas franchement optimiste quand à la qualité du bouquin. « Le Péril Bleu » raconte une intervention extraterrestre dans la campagne française du Bugey (non, moi non plus je ne connaissais pas avant), qui commence comme une mauvaise blague, avec le vol de râteaux et la destruction de potagers, mais vire au beaucoup moins drôle avec l’enlèvement d’animaux puis d’humains.

Ouais, ça sent le truc naze, hein ?

Ben en fait c’est pas mal. J’ai trouvé l’ambiance très bien posée, avec une graduation progressive dans les destructions qui se ressent comme une montée en puissance (en plus de nous faire constamment nous interroger sur l’identité des mécréants), et qui rend le tout beaucoup plus crédible quand l’histoire vire au quasi-apocalyptique. Le tout se passant dans la France de la belle époque, c’est assez rafraîchissant et agréable à suivre.
Le fait d’avoir réussi à adopter une ambiance par moment très sombre est d’autant plus fort que le roman adopte parfois un ton satirique, principalement au travers du personnage de Tiburce, « sherlockiste » complètement con qui permet à l’auteur de se foutre ouvertement de la gueule de tous ceux qui pensent que le héros de Conan Doyle peut fonctionner dans la vraie vie. J’ai beaucoup apprécié.

« Le Péril bleu » m’a bien plu, mais je reconnais que j’ai quand même beaucoup plus à dire sur ses défauts que sur ses qualités. Le problème le plus évident concerne le scénario, et notamment la provenance des extraterrestres. Autant en 1912 la « théorie » du bouquin était peut-être crédible, autant un siècle plus tard on se demande si l’auteur nous prendrait pas un peu pour une buse, des fois. C’est impossible à avaler et forcément, ça gâche un peu le truc.

L’autre problème… n’en est pas vraiment un, en fait. C’est un problème dans le sens que ça donne un énorme sentiment de déjà-lu, mais c’est surtout un témoignage très intéressant du climat littéraire de l’époque.
Le « problème », c’est donc qu’on sent que Maurice Renard est écrasé sous le poids de deux grands auteurs de l’époque, j’ai nommé Jules Verne et Edgar Allan Poe. L’influence des deux romanciers est tellement palpable, que ce soit dans le style, dans les thèmes (sérieux, Renard nous fait plus ou moins un « Vingt mille sous les mers inversé, même la fascination du sous-marin est là), ou même dans certains passages (je veux bien être pendu si Renard n’a pas pompé le chapitre de l’ascension d’un des personnages dans le cosmos sur la nouvelle de Poe qui traite plus ou moins de la même chose) qu’on en vient à se demander si on est vraiment en face d’une oeuvre originale. Bon ok peut-être pas à ce point là, mais ca reste la première fois dans ma vie littéraire que je vois transparaître l’influence d’autre auteurs dans le travail d’un romancier de manière aussi limpide.

Que dire d’autre… ah oui. Si l’ouvrage peut sembler assez… progressiste (dieu que ce mot est moche) dans sa vision des extraterrestres, la fin apporte une touche de xénophobie qui m’a beaucoup fait marrer mais qui fait quand même un peu tâche. Fin qui est aussi d’une mièvrerie assez ridicule (après avoir fait pleuvoir les cadavres -non, sérieusement-, toute la famille des deux héros qui avait été enlevée par les extraterrestres rentre saine et sauve).

Le Péril Bleu

Les aventures de Sherlock Holmes

Vingt mille lieues sous les mers

Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall

[Cette critique a été reprise de mon compte SensCritique. Vous pouvez retrouver tout mes avis à cette adresse]